LA PRESSE CALÉDONIENNE EN PARLE

En partenariat avec le quotidien Les Nouvelles Calédoniennes, nous vous proposons de retrouver les articles parus dans ses colonnes en rapport avec les forces armées et la réserve militaire de Nouvelle Calédonie.

Un grand merci à notre partenaire pour son aimable autorisation et en particulier à monsieur Philippe TEXIER - responsable marketing des Nouvelles Calédoniennes - sans qui cette rubrique n'aurait pu voir le jour.
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4 500 visiteurs à l'assaut du Rimap

Deux jours durant, les militaires de Plum ont combattu en public, tiré pour de faux, sauté pour de vrai, amusé un bataillon de gamins et répondu aux questions. Nombreuses, tant les visiteurs avaient de choses à apprendre.

Une armée de civils s'est déployée au camp de Plum. Ce week-end, le Rimap a décompté 4 500 visites aux portes ouvertes de son quartier général. Une déferlante de familles, surtout, venues avec bataillons d'enfants et escadrons de poussettes.

Que savent ces visiteurs sur le régiment d'infanterie de Marine du Pacifique ? Beaucoup avouent leur ignorance. « C'est une histoire d'armée… », résume Sabine, une habitante de Plum qui se contente de déposer ses fils. « C'est maritime, je crois ? », ose Benjamin, un ado de Plum. « C'est une caserne militaire, ils doivent entraîner leurs hommes », suppose Karl, 22 ans.

Beaucoup n'en sauront pas franchement plus après les portes ouvertes, assimilées à une balade. Avec des jeux pas chers pour les gosses. Et les grands. Ainsi Aliki s'intéresse-t-il surtout à ce qui « donne des sensations fortes », comme les voitures de rallye.

Apprendre. Certains sont venus pour apprendre. « On n'y connaît rien, c'est pour ça qu'on vient », explique Johan, Mondorien de 14 ans. « Et pour voir comment on s'inscrit à l'armée, vers quel âge on peut rentrer. » « C'est pour savoir leur quotidien », assure Louisou, 13 ans. « Je me suis arrêtée pour voir ce qui se passe et découvrir les voitures, les hélicos, les fusils », énumère Lenka, avec ses enfants.

« Je passe devant quand je viens chercher mes petits-enfants à l'école. J'aurais jamais cru que c'était si grand ! », découvre Anita. « Ça permet de découvrir beaucoup de choses. Comme ce qu'on a vu là-bas, comment ils font en temps de guerre. »

Service. Les démonstrations techniques produisent leur effet : simulation de tir en batterie, combats rapprochés et chiens de l'équipe cynophile qui provoquent l'admiration. Succès garanti, aussi, pour les parachutistes qui multiplient les sauts.

Tom, du Vallon-Dore, rêve du parcours commando, qui remporte les suffrages des enfants. Du Rimap, sa mère Maud sait qu'« ils sont envoyés à droite à gauche dans tous les pays, puisque j'ai un cousin de Tahiti qui est venu pour le parachutisme. »

Mais bien des messieurs connaissent le camp de l'intérieur. « Beaucoup de Calédoniens, au temps du service militaire, l'ont fait ici », souligne le lieutenant-colonel Laurent Vrignaud, qui coordonne la communication. « J'étais ici il y a trente ans, avec la classe 77-06 », se remémore Léonard. « A l'époque, c'était la Bamap, on était basés à Nandaï. On venait à Plum faire des stages. Ç'a beaucoup changé, surtout au niveau du matériel. Avant, c'était les Jeep américaines, les 6-6. Et les camions étaient des Simca », constate ce Nouméen de 55 ans, ravi de comparer les techniques avec les artilleurs.

Jean-Christophe et ses deux garçons sont un cas particulier. « Avant, on habitait loin. Maintenant je fais l'école à Plum », explique le petit Corentin. « On est arrivés il y a quelques jours, mon épouse vient d'être affectée ici », précise le papa. Jusqu'à la mi-septembre, le Rimap remplace une cinquantaine de personnels permanents. C'est le temps du « plan annuel de mutation » qui influe chaque année sur les effectifs des écoles et du collège.

Les militaires se dévoilent

Les journées portes ouvertes du Rimap-NC se déroulent à Plum, depuis 2007. Les amateurs d'uniformes, de savoir-faire militaire et de cantonnements ont rendez-vous samedi et dimanche, à l'intérieur du camp Broche.

On va scruter la météo, cette semaine, au camp militaire de Plum. Car samedi et dimanche, de 9 heures à 17 h 30, le Régiment d'infanterie de marine du Pacifique (Rimap) y renouvellera sa grande opération portes ouvertes. Deux jours ponctués de démonstrations, présentation de matériel, animations et exposants, pour découvrir de l'intérieur le Rimap-NC.

C'est en 1999 qu'il a établi son quartier général au camp Broche, où ses portes ouvertes se déroulent depuis 2007. D'après le régiment, les effectifs tournent autour des 600 personnels, dont environ 450 basés à Plum. Une compagnie se trouve par ailleurs dans le quartier Gribeauval, à l'Artillerie, à Nouméa, et un petit détachement reste au camp de Nandaï, à Bourail. Autre particularité, les trois-quarts du régiment sont constitués de militaires en mission de courte durée : trois mois.

Habituel. Pour l'heure, les uns et les autres s'apprêtent à être mobilisés tout au long du week-end, pour faire vivre un programme similaire à l'an dernier. A quelques exceptions près. Dimanche, à 11 h 45, le XV du Pacifique, de passage en Calédonie, offrira une courte prestation, semblable à celle présentée le 14 juillet 2011 sur les Champs-Elysées. Les adolescents pourront s'essayer tout au long du week-end à des déplacements en toggle rope, système de cordage et de baudrier. Il sera également possible de monter dans les voitures de rallye, présentées par l'association Asanc, comme dans les Jeep.

Démonstrations. Pour le reste, des sauts d'entraînement en parachute sont prévus samedi et dimanche, à 10 h 15 et à 15 heures. A 11 heures et 15 h 30, les démonstrations de savoir-faire militaire dégaineront la batterie flash, quelques-uns des chiens qui assurent la sûreté du dépôt militaire à Nandaï seront présentés, ainsi que des techniques de combat rapproché.

Le très apprécié parcours du commando sera au rendez-vous, comme le simulateur de tir. Sans oublier les baptêmes d'hélicoptère, les manèges, les stands de restauration, un bingo, dimanche, de 11 heures à 20 h 30 (seule exception à l'horaire global) ou encore une tombola dont le tirage au sort doit se faire dimanche, à 16 heures.

Un nouveau patron pour les Fanc

A partir du 1er août, les forces armées de Nouvelle-Calédonie (Fanc) auront un nouveau « Comsup » : le général Luc du Perron de Revel qui prendra la succession du général Jean-François Parlanti, appelé à une affectation au sein de l'administration centrale. Pour l'heure, Luc du Perron de Revel est chargé de la sous-direction Afrique subsaharienne à la direction de la coopération de sécurité et de défense.

Guerre déclarée aux armes

L'Australie a été l'un des premiers pays au monde à signer lundi, dès l'ouverture à signature, le traité international portant sur le commerce des armes, texte adopté en avril au terme d'un processus de plus de sept ans.

Une soixantaine de pays ont commencé lundi à signer le premier traité sur le commerce international des armes conventionnelles, adopté en avril dernier mais qui n'entrera en vigueur qu'après cinquante ratifications.

L'Australie y tenait et figure ainsi parmi les tout premiers pays à apposer sa signature sur ce document, aussi censé lutter contre le commerce non régulé d'armes dites illicites.

Vulnérables. « Chaque jour, environ deux mille personnes meurent dans des conflits alimentés par des armes résultant d'un commerce illégal. Ces armes, y compris des fusils d'assaut bon marché et librement accessibles sur le marché, comme les AK-47, sont les instruments permettant l'existence d'un catalogue de crimes, y compris contre les femmes et les enfants. Le plus gros impact du commerce illicite d'armes conventionnelles frappe souvent les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables », a déclaré Bob Carr, ministre australien des Affaires étrangères, en réaction à la signature de son pays.

Il a aussi rappelé un engagement pris en juillet 2012, selon lequel l'Australie consacrerait un million de ses dollars à un fonds multilatéral d'aide aux pays en développement, pour les épauler dans le processus de mise en œuvre de ce traité, comme l'élaboration de lois nationales et la mise en place de modalités de contrôle.

Siège. Mi-octobre 2012, l'Australie a remporté un siège non-permanent au Conseil de sécurité de l'ONU pour un mandat de deux ans à compter du 1er janvier. Les candidats à ce siège étaient l'Argentine, le Luxembourg, la République de Corée et le Rwanda.

Bob Carr, ministre australien des Affaires étrangères, avait alors déclaré à New York qu'agrès cette « grande victoire sans équivoque », son pays avait l'intention de « porter la voix des intérêts des puissances intermédiaires et petites ».

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, qui disposent du droit de veto, sont la Chine, la Fédération de Russie, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Les membres non-permanents qui continueront de siéger jusqu'à la fin 2013 sont l'Azerbaïdjan, le Guatemala, le Maroc, le Pakistan et le Togo.

Indigènes. La campagne de l'Australie en vue d'obtenir ce siège non-permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU pour la période 2013-2014 a été menée sur des axes tels que son engagement au sein de l'ONU, y compris en matière de participation à des opérations de maintien de la paix, mais aussi dans les dossiers d'aide au développement et « un engagement particulier pour les peuples indigènes du monde ».

Le 17 octobre dernier, M. Carr annonçait la ratification par l'Australie du traité d'interdiction des sous-munitions « en vue de réduire l'impact humanitaire des conflits armés ».

La Nouvelle-Zélande, qui s'est aussi engagée au cours du processus d'adoption de ce traité, a elle aussi indiqué, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Murray McCully, qu'elle signerait très prochainement ce texte à New York et aurait à cœur d'être parmi les premiers pays au monde à le faire.

Après la signature, les pays devront passer à l'étape suivante : la ratification, qui doit faire l'objet d'un vote au sein des Parlements des pays concernés. Le traité entrera en vigueur lorsqu'il aura été ratifié par cinquante États.

Flash d'Océanie

« La France entend rester »

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a réaffirmé à Singapour l'importance stratégique de la zone Asie-Pacifique pour la France, « puissance riveraine de l'océan Indien et du Pacifique », deux régions qu'elle ne semble pas disposée à perdre.

Intervenant au forum Shangri-La Dialogue à Singapour, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a insisté sur l'importance de la région Asie-Pacifique vue de Paris, malgré les problématiques financières. Réaffirmation doublée d'un rappel des possessions tricolores. « Principal foyer de croissance économique du monde au cours des 30 dernières années, l'Asie-Pacifique demeure un enjeu stratégique pour la France, par les facteurs de tension qu'elle recèle au-delà de son objectif affiché de stabilité. » Le ministre de la Défense a ensuite souligné « la puissance riveraine » de la France dans « l'océan Indien et le Pacifique, liée à nombre de ses états par des relations singulières. » Régions dont la France « ne peut se détourner, quelles que soient les contraintes de la géographie, l'impact de la contrainte budgétaire ou les présupposés erronés sur la dimension économique exclusive que revêtirait la relation euroasiatique. Ce constat, le nouveau livre blanc français sur la défense et la sécurité nationale voulu par le président François Hollande, le formule à nouveau ». Fi des difficultés économiques prégnantes qu'affronte la France, le jeu militaire en vaut la chandelle budgétaire.

Déterminée. Face à son auditoire, le représentant gouvernemental français n'hésite pas à réitérer la volonté de son gouvernement de développer sa coopération politico-militaire dans la région. « La France entend rester résolument engagée en faveur de la sécurité de la zone Asie-Pacifique. Vos intérêts de sécurité sont également nos intérêts de sécurité, a-t-il soutenu. À enjeu global, réponse globale. En termes de sécurité, la France entend rester un acteur à part entière, sans exclusive. C'est la conclusion de notre livre blanc, qui insiste sur l'importance de l'Asie-Pacifique pour notre politique de défense ».

Le Drian remet aussi une couche tricolore sur ses positions régionales. « La France est une puissance de l'océan Indien et du Pacifique. Elle y dispose de territoires dont certains viennent de rappeler récemment leur souhait de demeurer dans la communauté nationale et de ressortissants en nombre croissant qui nécessitent sécurité et protection ».

Un clin d'œil aux indépendantistes du fenua. Surtout qu'ensuite, le ministre souligne que « la France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies », est une « nation fidèle à ses engagements ».

Coopération. Jean-Yves Le Drian conclut son intervention en détaillant les axes autour desquels la France articule sa politique de coopération en Asie-Pacifique. « L'intensification de ses dialogues politico-militaire » ; « la coopération militaire […] y compris sous la forme d'exercices conjoints » ; « la coopération en matière d'armement et d'équipements de défense, y compris dans ses aspects technologiques et industriels » ; « la promotion d'une architecture de sécurité régionale ».

Sur ce dernier point, « la France souhaite, à cet égard, la finalisation rapide du code de conduite de l'Asean (l'association des nations de l'Asie du Sud-Est) sur la sécurité maritime. »

De quoi apporter de l'eau au moulin idéologique tant des autonomistes, qui se satisferont de la place géostratégique prépondérante de la Polynésie dans la région, que des indépendantistes qui y verront la preuve que la puissance de tutelle n'est absolument pas disposée à perdre une seule de ses collectivités dans la zone.

Les Nouvelles de Tahiti

L'armée a du succès

Opération réussie pour le régiment du service militaire adapté (RSMA), qui a organisé, hier, une journée d'informationà destination de ses partenaires et des jeunes. Dans l'après-midi, la salle d'honneur de la mairie était bondée.

Environ cinq cents jeunes ont rejoint le RSMA cette année. Ils étaient moitié moins en 2010, ils seront 600 d'ici 2016. Ce dispositif, créé en 1986 à Koumac, attire de plus en plus de jeunes. Hier, nombre d'entre eux sont venus s'informer à l'occasion de la journée de présentation organisée dans la salle d'honneur de la mairie.

« J'ai passé mon bac en communication à Anova. C'était très théorique et j'avais besoin de pratique. C'est pour ça que j'ai décidé de faire un SMA (Service militaire adapté, NDLR) à Koumac », explique Marie-Joëlle Washetine, 24 ans, originaire de Maré. En trois ans, la jeune femme a acquis des compétences en secrétariat au RSMA de Koumac. « On ne peut pas y rester plus de cinq ans. Alors je commence à envoyer des CV aux entreprises. »

Tremplin. Elisa Hnaïa, 25 ans, a suivi la même formation que Marie-Joëlle. Mais lorsqu'elle a intégré le RSMA il y a plus d'un an, on lui a proposé un contrat de répétitrice, une sorte d'aide aux devoirs pour des jeunes qui passent le CFG (Certificat de formation général), l'équivalent du brevet. « Je ne regrette pas du tout ce choix, c'est une expérience intéressante », assure-t-elle. Pour elles, comme pour des centaines d'autres jeunes, le SMA est un vrai tremplin. En intégrant le régime, ils acquièrent des compétences et une expérience professionnelle indispensable. « Nous ne prétendons pas leur proposer une formation technique parfaite, mais nous voulons donner à ces jeunes un cadre, un savoir- être, un métier », précise le capitaine Benjamin Avenel, chargé communication au RSMA.

Illettrisme. Le SMA propose deux types de contrats : volontaire stagiaire ou volontaire technicien. Le premier s'adresse aux jeunes avec peu ou pas de formation qui cherchent à apprendre un métier. « 15 % sont en situation d'illettrisme avant le début de leur formation. » Les parcours durent douze, dix, huit ou six mois dans des secteurs très divers, tels que le transport, les métiers du bâtiment, la sylviculture, la conduite d'engins miniers…

Les volontaires techniciens, eux, doivent déjà être titulaires d'un diplôme professionnel comme le CAP, le BEP, le bac ou BTS. Leur contrat dure un an renouvelable cinq ans.

L'objectif est de se faire « une première expérience » et « d'optimiser les chances de trouver un emploi stable » dans les secteurs de la maçonnerie, de la plomberie ou le secrétariat, par exemple. Pour insérer ses jeunes, le régiment bénéficie de partenaires miniers ou des entreprises qui accueillent les volontaires.

Virginie Grizon

Rendez-vous dans cinq ans

Comme chaque mois, de jeunes engagés se sont envolés vers la Métropole, pour y suivre une formation de douze semaines avant de servir pendant cinq ans la nation. En avril, ils sont dix-sept à s'être engagés, dont deux jeunes femmes, et ont été réunis à la caserne Gally-Passebosc de Nouméa. Après une revue d'effectif, ils ont salué une dernière fois leur famille. Le 3e RPIMA de Carcassonne, le 54e régiment de transmission de Lunéville ou encore le 1er régiment d'infanterie de Sarrebourg sont quelques-unes des destinations possibles pour ces nouveaux soldats. Pour tout renseignement sur les carrières dans l'armée, contactez le 29 29 46.

Hommage aux hommes tombés au combat

Hier matin à 9 heures, la place Bir Hakeim a accueilli la cérémonie du 68e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945. Sous les yeux de l'Association des anciens combattants, des membres des forces armées de Nouvelle-Calédonie, de la gendarmerie et de la police, les autorités locales ont déposé des gerbes en l'honneur des hommes tombés au combat. Le haut-commissaire de la République, Jean-Jacques Brot, a lu un message du ministre délégué chargé des anciens combattants, Kader Arif.

Un paradis dans la guerre

A l'occasion de l'Anzac Day, date permettant d'honorer les soldats morts au combat durant les Première et Seconde Guerres mondiales, la Nouvelle-Zélande a célébré le soixante-dixième anniversaire de la guerre du Pacifique. En Calédonie, le pays s'en souvient aussi, notamment dans les écoles.

L'« Anzac Day », commémoré à la date anniversaire du débarquement des troupes armées néo-zélandaises et australiennes sur le front d'Orient, à Gallipoli, le 25 avril 1915, est devenu pour ces deux Etats une journée nationale, durant laquelle, il est rendu hommage aux soldats qui ont servi dans les guerres, les conflits et les interventions de maintien de la paix. De cette action militaire tragique est né « l'esprit anzac ». Propre à nos voisins anglo-saxons du Pacifique, éloigné du conformisme « so british », il mêle courage, audace, sens de la débrouille et décontraction. Dès les premières commémorations en 1918, Anzac, sigle à usage administratif, devient le symbole de la façon dont les Australiens et les Kiwis appréhendent leur histoire familiale et collective, leur identité et leur pays. Pour ces deux jeunes nations, anciennes colonies britanniques, c'est l'origine de l'émergence d'un sentiment national, la constitution d'une identité propre, ainsi que la consolidation de liens étroits les unissant toujours.

Guerre. Même si Nouméa voit passer, en août 1914, les navires partis prendre possession des Samoa allemandes, la Calédonie entretient avec ses voisins anglo-saxons des liens économiques, maritimes et religieux plutôt que militaires. C'est avec la guerre du Pacifique, volet final de la Seconde Guerre mondiale, que ces liens militaires se créent. Le Japon, entré officiellement en guerre en décembre 1941, remporte des succès militaires importants et étend les limites de son empire dans le Pacifique et dans l'Asie du Sud-Est.

Voyant ses intérêts menacés par la destruction de sa principale base navale, le 8 décembre 1942, les Etats-Unis, restés neutres depuis 1939, déclarent la guerre au Japon. Le 11 décembre 1941, l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste déclarent à leur tour la guerre aux États-Unis. Le conflit devient mondial. Le Japon devenu maître de la moitié du Pacifique, la contre-offensive américaine s'organise et la Nouvelle-Calédonie devient un élément clef de cette organisation.

D'abord entraînés chez eux, les soldats d'infanterie kiwis, de la 3e division, poursuivent leur formation en Calédonie avant de mener des campagnes très difficiles dans les Salomon. Pour ces combattants, la dureté des combats et la proximité de la mort donnent à la Nouvelle-Calédonie une place particulière, celle d'un dernier havre de paix.

Liens. On comprend alors la force des liens engagés entre ces deux terres et leurs hommes. Les vétérans disparaissent au fil des ans mais les jeunes générations conservent la vigueur de ces liens dont ils sont les acteurs et les héritiers. Cette année, la Nouvelle-Zélande célèbre à l'occasion de l'« Anzac Day », le 70e anniversaire de la guerre du Pacifique. Dès les années 20, monuments aux morts et commémorations sont les garants de la mémoire. En France, deux dates permettent d'honorer les soldats morts au combat : le 11 novembre pour la Première Guerre mondiale et le 8 mai pour la Seconde. En Australie et en Nouvelle-Zélande c'est le 25 avril qui est choisi. Les Anzac en tant qu'unités du corps britannique, début 1916, sont transférés en France, sur le front de l'Ouest, et c'est plus de 416 000 Australiens et 128 000 Néo-Zélandais qui y trouvent la mort. Aussi, en raison de leur histoire mêlée, la Nouvelle-Calédonie, Tahiti ou encore Le Quesnoy, ville du Nord libérée grâce à la bravoure des soldats néo-zélandais, le 4 novembre 1918, célèbrent tous les ans en grande pompe, l'« Anzac Day ». A Nouméa, la participation des enfants des écoles est active.

Hommage aux Océaniens

Jeudi, 4 200 personnes se sont réunies à Villers-Breton pour célébrer le 95e Anzac Day. Le 25 avril 1918, 1200 soldats australiens et néo-zélandais y périrent pour libérer la ville. Cette bataille décisive contribua à la victoire finale des Alliés.

Environ 4 200 personnes se sont réunies jeudi à Villers-Bretonneux (Somme) pour célébrer le 95e Anzac Day et rendre hommage aux soldats australiens et néo-zélandais morts durant la guerre de 14-18, un an avant la commémoration du centenaire du début de la Première Guerre mondiale.

La cérémonie s'est tenue face au mémorial érigé sur la colline, théâtre d'une farouche et sanglante bataille le 25 avril 1918, en présence de Bob Carr, ministre australien des Affaires étrangères, et de Kader Arif, ministre chargé des Anciens combattants, et d'un public familial et de tous âges. L'ambassadeur d'Australie en France, Ric Wells, a ouvert la cérémonie en rappelant que « les soldats australiens ont fait corps avec la France » et que « cette relation était toujours vivante ».

Volontaires. Plus de 400 000 Australiens s'enrôlèrent durant la Grande Guerre, « alors que le pays comptait moins de 5 millions d'habitants », et « plus de 46 000 tombèrent ici en France, et en Belgique » en combattant aux côtés des forces alliées, a souligné Bob Carr, ajoutant que tous s'étaient « portés volontaires ». « Quelle nation serait aujourd'hui capable, comme l'a fait l'Australie, d'envoyer un dixième de sa population de l'époque combattre au bout du monde pour des valeurs de démocratie et de liberté ? », s'est interrogé Kader Arif, « touché » par la cérémonie.

Il a annoncé qu'il se rendrait en Australie, notamment pour préparer le centième anniversaire du début de la Première Guerre mondiale, en 2014. « Nous serons très honorés d'accueillir M. Arif, il verra qu'au musée de la guerre de Canberra, une large place est consacrée aux champs de bataille français », a répondu Bob Carr.

Prières. Les hymnes français et australien ont retenti après les prières du souvenir et de la paix. Les deux ministres ont déposé ensemble chacun une gerbe à l'entrée du mémorial, à l'issue du service religieux qui se déroule à l'aube (Dawn service), chaque 25 avril dans la Somme.

D'autres services et commémorations se sont également tenus en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afghanistan, et sur la péninsule de Gallipoli (Turquie), autour de la baie d'Anzac, où les soldats de l'Australian and New-Zealand Army Corps (Anzac) ont débarqué le 25 avril 1915, et essuyé pendant près de huit mois le feu des tirs ennemis. Plusieurs dizaines de milliers d'entre eux périrent alors dans les combats, avant de se retirer sans avoir atteint leur objectif.

Les Anzacs s'illustrèrent également le 25 avril 1918, en libérant Villers-Bretonneux, lors d'une bataille décisive, qui contribuera à la victoire finale des Alliés en novembre 1918.

Près de 1 200 soldats australiens et néo-zélandais périrent dans cette opération.

Archives B.I.L.



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