LA PRESSE CALÉDONIENNE EN PARLE

En partenariat avec le quotidien Les Nouvelles Calédoniennes, nous vous proposons de retrouver les articles parus dans ses colonnes en rapport avec les forces armées et la réserve militaire de Nouvelle Calédonie.

Un grand merci à notre partenaire pour son aimable autorisation et en particulier à monsieur Philippe TEXIER - responsable marketing des Nouvelles Calédoniennes - sans qui cette rubrique n'aurait pu voir le jour.
cliquez sur l'image pour accéder au site de notre partenaire.

Il plane avec son chien

Dernière recrue de la base aérienne, Petelo Niuliki s'est découvert, sur le tard, une vocation de dresseur de chien. Ce Futunien, arrivé en Nouvelle-Calédonie à 17 ans, est chargé de la protection de la base. Avec son berger belge Yghost, il a enfin trouvé son bonheur.

Avant septembre dernier, jamais Petelo Niuliki n'aurait imaginé que son binôme de travail puisse être un chien. Ce qui l'intéresse depuis toujours, c'est la mécanique. Pourtant, lorsqu'au milieu de 2013 le Centre d'information et de recrutement des forces armées (Cirfa) met sur le marché deux postes d'équipier maître-chien à la base aérienne 182 de La Tontouta, ce jeune Futunien de naissance n'hésite pas une seconde. « Mon rêve, c'était d'être dans l'armée, et ce poste représentait ma dernière chance d'être militaire. » Car Petelo Niuliki n'en est pas à sa première tentative. En 2011, un CAP mécanique en poche, il avait déjà poussé la porte du Cirfa de Nouméa. Il s'était engagé pour cinq ans dans l'armée de terre. A son arrivée à Auxonne, dans le département de la Côte-d'Or, son rêve s'écroule. « J'ai très mal vécu l'éloignement de mes proches, et puis mon travail était de conduire des poids lourds ». Un poste aux antipodes de celui que désirait Petelo, à savoir mécanicien sur les véhicules blindés.

Rencontre. Après deux mois de camion, retour en Nouvelle-Calédonie où Petelo Niuliki se fait embaucher comme soudeur, jusqu'à cette annonce d'emploi au sein de l'armée de l'air. Après des tests concluants et une formation en Métropole, il intègre la base 182. « C'est le premier local dans cette spécialité d'équipier maître-chien, explique son supérieur hiérarchique, l'adjudant-chef Benoît Rivrain. C'est un bon élève. Il apprend vite. » Avec quatre autres militaires, il est chargé de la protection de la base, soit « dissuader et être apte à intercepter qui que ce soit qui entrerait dans la base sans autorisation ». Le jeune aviateur a aussi fait une belle rencontre avec un berger belge de deux ans, Yghost. « Je ne connaissais rien aux chiens avant, je ne pensais pas être capable de communiquer avec eux. Maintenant, j'ai trouvé ce que je veux faire. » Petelo Niuliki s'est inscrit il y a peu au club canin de Dumbéa, où il réside. Preuve que le dressage est devenu une vraie passion pour lui.

Alexis Bédu

Une fiole explosive à la fac

Policiers, pompiers et militaires spécialisés sont intervenus, hier matin, à l'université de Nouvelle-Calédonie pour « neutraliser » une fiole abandonnée contenant de l'acide picrique, un composé explosif plus puissant que le TNT. La fiole n'a pas éclaté.

Une enquête est en cours pour déterminer la provenance de la fiole. Hier matin vers 10 heures, les forces de l'ordre et de secours de Nouméa étaient prévenues de la présence d'un objet suspect entreposé dans un local poubelles situé à proximité du département « Sciences et technique » de l'université de Nouvelle-Calédonie, à Nouville. A leur arrivée, les pompiers ont découvert une boîte en bois contenant une fiole enfermant une quinzaine de grammes d'acide picrique à l'état cristallin. De leur côté, les treize policiers présents issus de la compagnie d'intervention, du quart et de la brigade motorisée ont sécurisé les lieux et dressé un périmètre de sécurité de 50 mètres, autour du local poubelles. L'université n'a pas été évacuée. Quels risques encouraient les personnes présentes ? « A l'état cristallin, l'acide picrique peut exploser sous la pression d'un choc ou d'une température élevée, explique le commandant Faure, expert en risques chimiques appartenant au corps des pompiers. En cas d'explosion, l'onde de choc reste difficile à prédire, c'est pour cela que nous avions mis en place, avec la police, un périmètre de sécurité. » Vers midi, après avoir demandé le droit d'intervenir auprès des différentes institutions (armée, haut-commissariat, gouvernement), les experts du Nedex (neutralisation, enlèvement, destruction des explosifs) sont arrivés sur les lieux.

Neutralisation. Pour leur quinzième intervention de l'année, les militaires démineurs ont emporté la fameuse fiole et, escorté par la brigade motorisée de la police nationale, l'ont déposée au fort Téréka pour destruction. Les premières informations récoltées hier matin à l'université, soumises aux futurs résultats de l'enquête de police, mettent en cause une personne retraitée qui aurait déposé la fiole dans le local poubelles il y a de ça trois semaines. Hier, c'est un technicien en laboratoire qui aurait trouvé la fiole d'acide qui sert habituellement pour des expériences scientifiques.

Aurélien Lalanne

Sur un air d’Evasan

Un scooter a percuté une voiture à l'aube sur l'île de Bora Bora. Les deux victimes, dont une adolescente très sévèrement touchée, vont être évasanées. Embarquement avec l'équipe médicale à bord d'un Casa de l'armée pour une course contre la montre.

Un Casa de l'armée décolle de Papeete, direction Bora Bora. Le compte à rebours a commencé pour un homme et une adolescente victimes d'un accident de scooter, deux heures plus tôt. Deux pilotes, un mécanicien, un médecin et une infirmière vont tenter de les ramener en vie à Papeete. Les deux blessés doivent être transportés couchés et seul le Casa offre assez de place. Aux commandes, le lieutenant-colonel Christophe Ramos témoigne : « Sur certaines îles, il faut arriver à vue, de nuit, avec de la pluie, et là ça peut être un peu délicat ». Là, le soleil brille quand apparaît la piste étroite, à quelques mètres du lagon turquoise de Bora Bora. Les civières sont chargées sur le transport à bagages de l'aérodrome : des palettes de bois sur roulettes, tirées par un tracteur. L'équipe embarque ensuite dans la navette des pompiers qui doit traverser une bonne partie du lagon pour rejoindre le dispensaire, sur l'île principale.

Coma. Au quai, une ambulance attend l'équipe médicale. Sur la route, un adjoint au maire fait la transmission : le conducteur du scooter a 39 ans, sa passagère n'en a que 16. Dans le dispensaire, les proches. « C'est la police municipale qui m'a appelée mais je n'en sais pas plus », glisse la mère de l'adolescente, la voix tremblante. Un groupe d'amis semble en savoir un peu plus. Les deux blessés auraient passé une partie de la nuit au Récif, la seule discothèque de Bora Bora, et auraient continué de boire à la fermeture. A l'aube, ils sont partis sans casque, sur un scooter sans assurance. Dans un virage, ils ont percuté une voiture. Le petit ami de la jeune fille arrive, les larmes aux yeux. Il l'embrasse sur le front, tout le reste de son corps est déjà intubé ou appareillé : elle souffre de plusieurs fractures, dont une au bassin, et d'un grave traumatisme crânien. Elle n'est pas sortie du coma depuis l'accident. L'homme est aussi dans un état grave, mais il est conscient.

Distances. Il est midi, l'accident a eu lieu depuis plus de cinq heures. Les deux patients sont stabilisés, il faut parcourir le chemin en sens inverse. A Tahiti, deux nouvelles ambulances les transportent jusqu'à l'hôpital du Taaone, où elles arrivent à 15 heures. Pour le chef du Samu, le Dr Vincent Simon, il faut relativiser les huit heures écoulées : « Forcément, avec les distances à couvrir, on n'a pas des délais d'intervention très courts, mais je pense qu'on a un système extrêmement performant, contrairement à d'autres pays. » Une autre équipe médicale est déjà sur le départ : un accident de décompression à Fakarava, un sanctuaire marin bien connu des plongeurs. A cet instant, l'adolescente sort du scanner. Elle est conduite en réanimation. L'infirmière et le médecin, mobilisés depuis l'aube, n'ont toujours pas mangé. Elles n'ont pas quitté la jeune fille. « C'est une patiente qui a un gros traumatisme crânien, pas de réflexes du tronc cérébral, le pronostic vital est très engagé », confie le Dr Eric Bonnieux, médecin en réanimation. « Elle est têtue, mais c'est une gentille fille », chuchote sa mère en écrasant une larme, tandis que la porte se referme avant l'opération.

Au rendez-vous du souvenir

L'heure était au recueillement hier pour célébrer le 69e anniversaire de la victoire de 1945 et pour se souvenir des victimes de la Seconde Guerre mondiale. Comme chaque année, discours, dépôts de gerbes et salut aux drapeaux étaient au rendez-vous.

1. Bourail : La cérémonie a débuté par la lecture du message de Kader Arif, délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des anciens combattants. Puis Georges Naturel, représentant de la province Sud, Brigitte El Arbi, maire de Bourail, le capitaine Monturet au nom du commandant des forces armées, le lieutenant Abran, Laurent Devoyon et Nestor Saint-André, anciens combattants, ont déposé tour à tour une gerbe au pied de la stèle. Les enfants ont participé activement à cet événement.

2. Moindou : La commémoration s'est déroulée en présence de Régis Elbez, commissaire délégué de la République, de Ghyslaine Arlie, représentante de la province Sud, du capitaine Damien Reaud de la compagnie de gendarmerie de La Foa, de Corine Voisin, maire de La Foa, des élus municipaux, des pompiers et des anciens combattants.

3. Koumac : Les célébrations se sont déroulées dans la sobriété sur la place du monument aux morts. Présidées par Michel Sallenave, commissaire délégué de la République en province Nord, elles ont eu lieu notamment en présence de Wilfrid Weiss le maire, du colonel Bellon commandant le RSMA-NC, de Nataël Song, élu municipal représentant les coutumiers, de Maurice Littoz et de Bertrand Pimé, représentant les anciens combattants.

4. Lifou : La célébration de la victoire de 1945 s'est déroulée sous les ordres du capitaine Amestoy, à l'invitation du commissaire délégué aux Îles, Eric Vrignaud. Le nouveau maire, Robert Xowie, a participé à la cérémonie de dépôt de gerbe, au monument du souvenir à Wé. Cette commémoration a ainsi rassemblé des élus municipaux, des représentants des autorités coutumières, de l'enseignement, de l'État, des retraités de la gendarmerie, ainsi que des pompiers de Lifou.

Australiens et Kiwis à Gallipoli

Pour la commémoration de l'Anzac Day, vendredi dernier, bon nombre de jeunes Australiens et Néo-Zélandais ont fait le voyage jusqu'en Turquie.

Jonathan Clarson a débarqué sur la plage dite « d'Anzac » à la lumière du soleil couchant, au milieu d'un large groupe d'étudiants parti de l'autre bout du monde à la découverte de l'Europe. En short et chaussures de marche, il a posé son barda au milieu du petit pré et de la centaine de pierres tombales qui bordent la mer comme il aurait posé son surf sur une plage de Sydney. En toute décontraction. Mais pour lui, cette étape à Gallipoli est particulière. Tout sauf anodine. « Je suis ici sur les traces de mon grand-père », a expliqué Jonathan Clarson. « Il a combattu ici et j'essaie de repérer son nom sur les stèles, il doit être quelque part, sur cette plage où je dois pouvoir le retrouver », poursuit cet Australien de 20 ans. « Je veux rendre hommage à tous ces soldats fantastiques qui se sont battus et sont morts sur cette île ».

Effroyable. Le 25 avril 1915 à l'aube, 50 000 Australiens et 10 000 Néo-zélandais, membres d'un corps expéditionnaire franco-britannique, ont posé le pied sur cette langue de terre qui protège le détroit des Dardanelles avec pour mission de marcher sur Constantinople, la capitale de l'Empire ottoman allié de l'Allemagne. Après neuf mois d'une bataille effroyable qui a fait, selon les historiens, 500 000 morts et blessés dans les deux camps, les soldats du Corps armé australien et néo-zélandais (Anzac) s'en retireront sans avoir pu avancer de plus de quelques kilomètres, laissant 11 000 des leurs derrière eux. Aujourd'hui, 120 000 morts sont enterrés dans les trente-deux cimetières et vingt-huit fosses communes dispersés sur toute l'étendue de la péninsule de Gallipoli. Cette bataille lointaine est devenue une date primordiale de l'histoire de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. « Nous n'avons pas de long passé, nous sommes un pays si jeune », a confié Lisa Olorenshaw. « Elle signifie énormément de choses pour nous », ajoute la jeune femme venue d'Auckland, pieds nus entre les stèles, « beaucoup de passion, beaucoup d'amour et beaucoup d'émotion ». Cette année encore, près de 4 500 personnes ont fait le voyage de l'hémisphère sud pour les commémorations.

Jeunes. La plupart ont passé la nuit sur la plage ou au pied des estrades pour ne rien rater de la cérémonie dite « de l'aube », à l'heure du premier coup de fusil tiré en 1915. Dans la foule, la présence massive des jeunes générations ravit les « anciens », comme Vic Dwyer, venu spécialement de Perth (Australie). « Ceux qui se sont battus ici symbolisent la bravoure et la détermination de l'Australie », s'est ému ce sexagénaire. « Les hommes qui sont venus ici étaient grands, forts et jeunes, a-t-il ajouté, la plupart avaient le même âge que tous ces jeunes autour de nous, c'est important qu'ils soient là. »

246 roses en souvenir

Les autorités civiles et militaires d'Australie, de Nouvelle-Zélande et de Calédonie ont commémoré hier le 99e anniversaire de l'Anzac Day au cimetière néo-zélandais de Nessadiou. Les enfants ont été associés en grand nombre à cette cérémonie.

En Australie et en Nouvelle-Zélande, le 25 avril, date anniversaire de la bataille de Gallipoli, en Turquie, en 1915, marque l'Anzac Day. Hier, cette tradition a été respectée. Les consulats d'Australie et de Nouvelle-Zélande, en partenariat avec la municipalité bouraillaise, avaient convié les autorités civiles et militaires du pays au cimetière du Commonwealth de Nessadiou pour la commémoration du 99e anniversaire de ce jour. Cette cérémonie en hommage à tous ceux qui ont perdu leur vie dans les conflits mondiaux s'est déroulée en présence de Jean-Jacques Brot, haut-commissaire de la République, de Linda Te Puni et Heidi Bootle, respectivement consule de Nouvelle-Zélande et d'Australie, de Brigitte El Arbi, maire de Bourail, de Maurice Ponga, député européen, du sénateur Hilarion Vendegou, de représentants de la province Sud, des forces armées de Nouvelle-Calédonie et des anciens combattants. Le public était aussi venu en nombre. Les élèves de l'école Saint-Joseph et un groupe du collège de Normandie (section européenne) ont également participé à cet événement, participant du devoir de mémoire.

Poème. Pour cette occasion, Hugo Penc'Hoat, élève de Normandie, a écrit et lu un poème qu'il a baptisé La Paix par la guerre. Ce moment n'a d'ailleurs pas manqué d'émouvoir le public présent. La cérémonie a débuté par le mot d'accueil de la consule de Nouvelle-Zélande, suivi d'une lecture biblique par le pasteur Thierry Mathieu. Puis, conformément au protocole, les autorités militaires et civiles ont déposé tour à tour une gerbe au pied du monument aux morts. Après la minute de silence, l'Ode de l'Anzac, ainsi que les hymnes nationaux de la Nouvelle-Zélande, de l'Australie et de la France, les officiels du rang protocolaire sont allés saluer les porte-drapeaux et les anciens combattants présents.

Rose. Après La Marseillaise, les enfants venus assister à ce moment de recueillement et de souvenir ont déposé une rose sur chacune des 246 tombes des soldats tombés au combat durant la Seconde Guerre mondiale. Lors de son intervention, le maire de Bourail n'a pas manqué de rappeler l'importance de se souvenir. « Le jour des Anzac est le moment que nous privilégions pour transmettre de génération en génération ces périodes de l'histoire dont il faut se souvenir et qu'il convient d'honorer à la hauteur du sacrifice consenti pour la défense de nos libertés et de nos valeurs. Elle permet à chaque communauté de rendre hommage à nos chers disparus et aussi d'entretenir cet esprit du souvenir, du partage et de l'amitié. Notre héritage commun a été fondé sur les rivages de Gallipoli il y a 99 ans maintenant. »

Entre mémoire et rencontres

La petite cérémonie a rappelé bien des souvenirs à Graham Chick. Mardi dernier, le gouverneur du Kiwanis du district NZSP (Nouvelle-Zélande-Sud Pacifique), qui réside à Christchurch, s'est recueilli au mémorial de la plaine des Gaïacs, à Poya. Le monument a été construit par le KCO pour commémorer la venue des forces américaines et du Pacifique pendant le Seconde Guerre mondiale. « Mon père, aujourd'hui décédé, était mécano à bord des avions en vol, et celui, de ma femme, toujours en vie, mitrailleur. Tous deux ont servi durant la guerre dans l'armée néo-zélandaise », a expliqué Graham Chick. Lors de cette visite, il était accompagné de Danièle Desarmagniac, lieutenant-gouverneur de la division 6 (à laquelle appartiennent les clubs kiwanis du pays), et de son épouse, Eloïse. Les deux hautes personnalités du Kiwanis ont procédé à un dépôt de gerbes au pied de la stèle. Guyèdre Wamedjo, le président du KCO n'a pas manqué, pour la circonstance, de rappeler à ses hôtes l'histoire de la plaine des Gaïacs, transformée en base militaire américaine de 1941 à 1943. Graham Chick a beaucoup apprécié la visite. La délégation s'est ensuite rendue à la mairie de Poya, siège social du KCO où elle a été accueillie par Yasmina Metzdorf. Il s'agissait de la première personnalité que la nouvelle maire accueillait depuis son élection. « J'en suis très fière car le Kiwanis revêt beaucoup d'importance pour moi et ma famille. J'y suis personnellement très attachée », s'est-elle enthousiasmée. Cette rencontre kiwanienne « enrichissante et émouvante », dixit le président du KCO, s'est achevée par une remise de cadeaux souvenirs et de pin's.

L’armée dans la tribu

La tribu de Wagap a accueilli, du 31 mars au 4 avril, 31 militaires métropolitains en mission de quatre mois au Rimap de Plum. Ils ont découvert la région, les traditions et ont échangé avec la population. Pendant cinq jours, ils ont participé aux tâches quotidiennes de la tribu, comme le ramassage des cocos pour les cochons, la construction d'une case ou encore la préparation d'un bougna. En contrepartie, une famille a été choisie pour leur fournir le repas tous les jours.

Soldats à temps partiel

Uniquement composée de réservistes, la 5e compagnie du Rimap-NC recrute chaque année une quinzaine de jeunes de 17 à 35 ans, exerçant une activité étudiante ou professionnelle. Une journée d'information leur est dédiée demain.

Ils sont 150 à composer la 5e compagnie du Rimap-NC. 150 citoyens, lycéens, fonctionnaires, étudiants, militaires à la retraite, travailleurs sur mine ou chefs d'entreprise à s'être engagés en tant que réservistes. « On recrute, une fois par an, des jeunes entre 17 et 35 ans, pour en faire des soldats à temps partiel », explique Jean-Paul Lextrait, lieutenant-colonel de réserve au Rimap-NC, héritier du Bataillon du Pacifique, transformé en régiment depuis 1975. Pour y entrer, ni formation militaire, ni diplôme spécifique ne sont requis. « 70 % des réservistes de notre compagnie n'ont jamais été engagés dans l'armée », complète Jean-Paul Lextrait. Il suffit d'être de nationalité française, de jouir de ses droits civiques, d'avoir effectué son service national et d'être en bonne condition physique.

Disposition. Il convient aussi d'avoir une bonne dose de motivation et de disponibilité : le militaire réserviste doit suivre une formation initiale de quinze jours. Puis, tout au long de l'année, il assure une vingtaine de jours d'activités. Ces dernières consistent essentiellement à suivre des entraînements (combat, tir, tactique, secourisme…). « Nous avons la même structure qu'un camp de militaires professionnels, avec une cellule de commandement et des sections. » Car si le but est de se tenir à disposition de toute réquisition de l'Etat, principalement en ce qui concerne la sécurité civile, le réserviste apporte également son renfort aux forces armées en cas de besoin et assurer la relève de l'armée active, quand elle est mobilisée. Côté rémunération, le réserviste est payé par jour effectué, sur la base du salaire de son grade dans l'armée active. « Cela correspond en général à un treizième mois, » assure Jean-Paul Lextrait, qui confie tout de même que ce n'est pas l'argent qui attire les jeunes à s'engager, mais « la volonté de servir leurs concitoyens ».

L’armée montre l’exemple

Il règne, ce jeudi, une atmosphère bon enfant dans le foyer du camp Broche, où cent huit volontaires ont répondu à l'appel du CHT Gaston-Bourret. Une collecte est organisée à l'initiative du centre de don de sang et du service de santé des armées. Les militaires et leurs épouses attendent patiemment leur tour. Un protocole de dépistage déterminera si le don est possible, selon des critères de prévention des risques liés aux maladies infectieuses. Le dispositif est installé dans une salle médicalisée et peut accueillir jusqu'à neuf donneurs en même temps.

Quatre-vingts poches

A la fin de la matinée, le personnel de l'hôpital, renforcé par quatre infirmiers militaires, a récolté quatre-vingts poches de 500 ml, tous rhésus confondus. Au total trente-cinq litres de sang dont le CHT a bien besoin, comme l'explique le docteur Anne Huon : « Avec plus de 20 % des stocks disponibles distribués rien que sur l'année 2013, nous devons sensibiliser le public sur l'importance des collectes. » D'où ce partenariat avec l'antenne médicale de l'armée, sous la responsabilité du colonel Laurent Vrignaud. Les épouses de militaires semblent également très satisfaites d'avoir contribué à cette campagne. « Personne n'est à l'abri d'un accident de la vie, il est donc de notre devoir à tous de participer à ce genre d'action », confient Céline et Corinne. Au-delà des actions ponctuelles, reste, pour le CHT, à fidéliser ces donneurs d'un jour afin qu'ils reviennent régulièrement au centre situé à l'entrée de Nouméa.

Aude-Emilie Dorion

Evacuation en pleine mer

Un hélicoptère Puma des forces armées de la Nouvelle-Calédonie a décollé hier, sur les coups de 10 heures du matin, pour évacuer un membre d'équipage du Kota Jati, un porte-conteneurs de 194 mètres battant pavillon chinois. Le navire, en provenance de Californie et à destination de Brisbane, se trouvait à 80 milles nautiques au sud de Nouméa quand il a appelé le MRCC (centre de coordination de sauvetage maritime). Un dispositif d'aide médicale en mer a ensuite été rapidement mis en place, en collaboration avec le Samu.
Le malade, de nationalité philippine, a été évacué à midi vers l'hôpital Gaston-Bourret pour être pris en charge par le service des urgences.

Ils rejoignent les rangs

Lundi dernier, 21 jeunes filles et garçons de Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna ont signé leur contrat d'engagement dans l'armée de terre pour une durée de cinq ans. Trois d'entre eux vont rejoindre les rangs de l'Ecole nationale des sous-officiers d'Active (Ensoa) dans diverses spécialités. Par exemple Coralie, après un bac STG-GRH, sera sous-officier traitant gestion des ressources humaines. Alexandre sera mécanicien avionique sur hélicoptère. Jonathan, adepte des nouvelles technologies, servira dans les Sic (systèmes d'information et de communication). Les dix-huit autres jeunes rejoindront les régiments pour lesquels leur candidature a été retenue. Ils serviront en tant qu'engagés volontaires de l'armée de terre (Evat) comme combattant, cuisinier, aide-mécanicien, ou encore conducteur poids lourds.

Cohésion interarmées

Relais, épreuves de secourisme, séries de longueur... la piscine municipale du Ouen Toro accueillait, hier, le neuvième challenge de natation des Fanc. Le temps d'une matinée, ce sont toutes les forces armées de Nouvelle-Calédonie qui se sont regroupées pour s'affronter dans des épreuves de natation. « Le challenge de natation des Fanc, c'est l'occasion pour toutes les forces armées de s'affronter, dans un même lieu, autour d'épreuves de natation.

Le but est aussi d'allier compétition et convivialité », explique l'adjudant Baghdadi, de la base aérienne 186 de La Tontouta et organisateur du challenge. Et cette année, c'est l'unité du Rimap de Plum qui a remporté le challenge.

Le Rimap revient sur le terrain

La venue en décembre d'une section du Rimap avait marqué la tribu de Gossanah. Les « volontaires » sont revenus exprès pour participer aux 24 heures de volley, qui se sont disputées le week-end dernier à Ouvéa.

Dans le cadre de leurs missions sur le terrain, vingt et un militaires du Rimap ont travaillé pendant cinq jours en décembre avec les gens de la tribu de Gossanah, main dans la main (Lire notre édition du 14 décembre 2013). Cela a créé des liens, qui perdurent encore aujourd'hui. Ainsi, cette section du Rimap a spécialement monté une équipe pour la quatorzième édition des 24 heures de volley-ball. Emmenés par l'aumônier de l'armée, Thierry Matthieu, les « volontaires », comme ils se sont nommés, se sont engagés dans toutes les épreuves.

Amitié. Le pasteur de la tribu, Billy Wete Wéa, a répondu à leur coutume par des paroles fortes : « Y a-t-il des Wallisiens ici ? Y a-t-il des Tahitiens, des Métropolitains ? ». Et alors que dans la foule des voix s'élevaient, il a ajouté : « Cette quatorzième édition des 24 heures de volley, baptisée aujourd'hui du nom de Djubely Wéa, en cette année de la commémoration de sa mort, de celle de Yeiwene Yeiwene et de celle Jean-Marie Tjibaou, marque un nouvel élan dans la volonté du mieux vivre ensemble. » Mais, même si une amitié s'est tissée entre les gens de la tribu et les militaires du Rimap, ce n'est pas pour autant qu'ils leur ont concédé la victoire. Soixante-douze équipes se sont affrontées en volley-ball et trente-cinq en beach. Après des rencontres très disputées, l'équipe de volley-ball fille « Lössi » de Nouméa a battu « Bunaca » de Héo-Ouvéa en finale. Chez les garçons, l'« Olympique » de Nouméa s'est imposé face à la « Licorne » de Nouméa.

Réussite. En beach, la paire Hweillia Benjamin et Waunie Wabuec de l'équipe « Koitehen » (« Sans fin » dans la langue de Hienghène) a battu Uma Touet et Nine Wéa, les « MTSK » de Gossanah, portant portés par tout le public. Chez les filles, c'est « Etoile » de Banoutr-Ouvéa qui a battu « Lössi » de Nouméa. Une trentaine de stands, de restauration et d'artisanat, ont répondu présent face à la participation grandissante de cette manifestation. Pour le comité organisateur, la quatorzième édition des 24 heures de volley-ball est « une réussite ». Le pari est encore une fois gagné.

L’armée au cœur

De Nouméa à Brignoles,en passant par la Croatie,le Japon et la Côte d'Ivoire, Philippe Brugère a vu du pays et gravi les échelons. Après vingt-cinq années dans l'armée, le gamin de l'Anse-Vata a été nommé à la tête d'une unité prestigieuse de la sécurité civile en Métropole.

Pour Philippe Brugère, l'armée c'est un peu une histoire de famille. Lorsqu'il signe son contrat d'engagement à l'âge de 19 ans, il met ses pas dans ceux de son père, Métropolitain et militaire de carrière. Et puis, il y a aussi l'influence de son oncle maternel, Guy Fuzivala, Calédonien de père Japonais, qui lui fait découvrir Sven Hassel, un écrivain danois, auteur de romans de guerre. Par le hasard de la vie, Philippe Brugère est né à Perpignan, en 1970. Mais il quitte très vite la Métropole pour Tahiti, puis La Réunion, au gré des affectations de son père. En 1977, il arrive à Nouméa avec sa mère calédonienne et s'installe à l'Anse-Vata. « J'ai fait toute ma scolarité ici », explique l'intéressé. A la maternelle Eloi-Franck, puis à l'école primaire Fernande-Leriche, avant de passer par le collège Mariotti et le lycée Lapérouse. « Ensuite, je me suis inscrit en maths sup en attendant de m'engager à l'armée, se souvient-il, et j'ai travaillé comme pion au lycée Escoffier. » Son enfance à Nouméa ? « C'était la plage et les coups de pêche avec mes deux amis d'enfance, Eliseo et David. (...) On avait une petite plate de trois mètres avec laquelle on allait jusqu'à l'îlot Maître, parfois en prenant quelques risques », raconte Philippe Brugère en souriant.

Emouvant. Le 29 septembre 1989, c'est le grand départ pour la Métropole. Philippe n'y était jamais retourné depuis sa petite enfance. Sa mère et sa sœur l'accompagnent à La Tontouta. « C'était très émouvant, je partais pour une durée indéterminée, se souvient l'intéressé. J'avais un sac en tout et pour tout pour recommencer ma vie. » Après un an de classes, le jeune homme est envoyé en garnison à la brigade franco-allemande de Stuttgart. « C'était juste après la chute du mur de Berlin, j'ai vécu dans cette atmosphère de fin de guerre froide. » En octobre 1992, le militaire part pour la Croatie. Pendant cinq mois, il participe à une mission de surveillance au sein d'une unité de Casques blancs. « Là-bas, j'ai vu la guerre en direct, des villes dévastées… » A son retour, il intègre l'Ecole des officiers à Saint-Cyr Coëtquidan et devient lieutenant. Puis, de 1996 à 2000, il est affecté au Régiment de chars, à Verdun. Pendant cette période, il partira au Liban et en Côte d'Ivoire. Il sera également nommé capitaine.

Fukushima. En 2000, Philippe Brugère est affecté à Carpiagne, dans les Bouches-du-Rhône. Les missions se multiplient. De nouveau la Côte d'Ivoire, puis l'Afghanistan et le Kosovo où son unité a été décorée de la Valeur militaire. En 2009, le capitaine Brugère est diplômé de l'Ecole de guerre de Paris et s'oriente vers la sécurité civile afin de mener à bien des « actions concrètes au service des populations ». Son diplôme en main, il est envoyé au Japon, suite à la catastrophe de Fukushima. Nous sommes en mars 2011, Philippe Brugère est adjoint du détachement français. Un an plus tard, le militaire est nommé lieutenant-colonel. Il est affecté à l'état-major interarmées, à Lyon, qui gère les crises (inondations, catastrophes, enlèvements). En juin prochain, Philippe Brugère franchira une nouvelle étape dans sa carrière militaire. Il deviendra chef de corps de l'Unité d'instruction et d'intervention de la sécurité civile de Brignoles, une unité prestigieuse de 600 hommes. « Elle qui est intervenue sur les plus grandes catastrophes de ces trente dernières années », explique Philippe, en Métropole mais aussi à l'étranger. Le Caillou ? « Je suis Calédonien avant tout et j'ai l'intention de revenir m'installer ici avec ma femme et mes deux filles, explique le militaire. Nouméa a grandi mais il y a une qualité dans les relations humaines que l'on ne trouve pas en Métropole. » En attendant, Philippe Brugère a regagné la Métropole et prépare sa prise de commandement à Brignoles.

Scénario catastrophe à la BD

Deux cent quarante naufragés à évacuer, des dizaines de blessés à prendre en charge, un bateau de croisière vient de heurter un récif. Le scénario italien du Costa Concordia s'est réalisé à la baie des Citrons hier matin. L'action de l'Etat en mer est prête. Attention, ceci est un exercice.

« Mayday, mayday, over » Le ferry, dont le rôle est joué ici par le patrouilleur La Glorieuse, vient de heurter un récif. Une brèche de 40 cm dans la coque laisse pénétrer une voie d'eau. Une fois prévenu, le centre de secours (MRCC) dépêche tous les moyens disponibles. La marine, la SNSM, la gendarmerie sont dans la boucle.

« Commandant, un hélicoptère en approche ! » Les victimes en urgence absolue, les plus graves, sont hélitreuillées à bord de l'Alouette III de la marine et du Puma de l'armée de l'air. Une fois le pont arrière sécurisé, l'hélicoptère effectue un vol stationnaire à moins de six mètres au-dessus du niveau du navire, alors que le vent souffle en rafales. Un plongeur-sauveteur descend à bord pour préparer la civière sur laquelle la victime sera évacuée. Une fois sécurisée, la remontée à bord de l'hélicoptère s'effectue en quelques secondes. La route jusqu'au CHT Gaston-Bourret n'est qu'une question de minutes.

« Victime n° 10, urgence absolue » A la coupée, une équipe d'experts rend compte en temps réel au MRCC de l'étendue des dégâts et de la gravité des blessures des victimes présentes à bord.

« Evacuer le navire ! » Sur ordre du commandant, les passagers qui ne sont pas gravement blessés sont invités à quitter le navire en sautant à la mer pour rejoindre les radeaux de survie. Ici, les plastrons (victimes) sont joués par les stagiaires de la PMIPDN (période militaire d'initiation et de perfectionnement à la Défense nationale).

Maximiser ses chances Moins d'un mètre de creux, une eau à 25°, en pleine journée, les conditions du naufrage auraient pu être pires. A bord des radeaux, les naufragés trouvent de quoi survivre pendant plusieurs jours.

Entreront-ils dans la carrière ?

La cérémonie mensuelle du lever des couleurs à la base aérienne de Tontouta se déroulait mardi. Au milieu des troupes se trouvaient dix jeunes qui effectuent leur préparation militaire. Longtemps réservée à la Marine, cette formation est dispensée sur la base aérienne Paul-Klein depuis sa création en 2011. Durant deux semaines ces jeunes volontaires prennent contact avec le milieu de l'armée de l'air ce qui leur permet de se faire une idée sur l'opportunité de faire carrière.

Archives B.I.L.



© unor-aor-nc.com - 2014 - tous droits réservésVisiteurs depuis avril 2009
Site mis à jour le dimanche 14 septembre 2014